SAINT-DENIS CAHIER Des plaintes, doléances, et remontrances de l’assemblée du tiers-état de la ville de Saint-Denis.

SAINT-DENIS
CAHIER Des plaintes, doléances, et remontrances de l’assemblée du tiers-état de la ville de Saint-Denis.
Cette assemblée a cru devoir se borner à adhérer aux demandes et remontrances desdites villes et bailliages en ce qui concerne les réformations générales, et insister d’une manière plus spéciale sur les abus locaux qui l’intéressent en particulier.
Article 1. La ville de Saint-Denis loge une partie des gens du Roi, huit fois par an habituellement, et douze fois lorsqu’il y a des voyages de Compiègne, sans compter les régiments dans les mouvements de troupes et les remontées habituelles. Le soin que l’on a d’éviter pour les troupes ordinaires le passage par Paris, rend leur séjour à Saint-Denis plus fréquent que dans toutes les autres villes.
Cependant il existe à Saint-Denis une caserne spacieuse, presque vacante, qui, pendant bien des années, n’a logé qu’une compagnie de grenadiers royaux, et qui loge actuellement une compagnie de recrues du régiment du Roi.
Indépendamment des sommes considérables pour lesquelles la ville a contribué à la construction de ce bâtiment, les deniers de la commune ont été plus qu’épuisés par la contrainte de fournir, pendant de longues années, les meubles de la caserne, le bois pour le corps de garde et le linge pour les officiers, dont le blanchissage était encore rejeté sur la ville, quoiqu’il n’existât aucune loi qui l’assujettît à toutes ces charges ; en sorte qu’après l’épuisement des fonds communs, il a fallu en venir à des impositions extraordinaires sur tous les habitants.
Depuis, l’autorité a encore exigé des fournitures de bois pour le corps de garde du dépôt de mendicité ; ce n’est qu’à force de résistance que la ville s’est affranchie depuis peu de ces surcharges.
L’assemblée demande qu’à l’exception du pavillon occupé par la compagnie résidante aux casernes, le surplus soit employé à loger les régiments de passage, à la décharge des habitants.
Article 2. Il a été établi un dépôt de mendicité dans le plus beau quartier de la ville ; très fréquemment des mendiants s’échappent et passent dans les maisons voisines ; ces incidents y causent toujours des alarmes et donnent prétexte aux soldats du corps de garde de s’y introduire ; il en résulte une diminution réelle de la valeur des maisons voisines et de leur location.
L’assemblée demande que ce dépôt soit placé hors de la ville.
Article 3. L’assemblée demande, en outre, la suppression de plusieurs droits seigneuriaux, énoncés en un tarif du 27 février 1738, et perceptibles sur les charbons, bateaux, avoines, blés, légumes, etc. ;
Et celle de péages, barrages, botages et travers, tant par eau que par terre, attendu que ce droit est perçu jusqu’à trois fois sur les commerçants domiciliés.
Article 4. La suppression des plombs sur les toiles peintes fabriquées en cette ville, comme gênant le commerce et nuisibles à la perfection de l’apprêt des toiles, se référant à ce qui a été exposé par le cahier du tiers-état de la ville de Rouen, article 71.
Article 5. Que les lettres pour cette ville ne soient taxées à la poste que conformément au tarif du 8 juillet 1759, dont les fermiers des postes s’écartent arbitrairement, depuis environ un an,
Et que tous privilèges exclusifs pour les messageries soient supprimés.
Arrêté en l’assemblée tenue en l’hôtel de ville de Saint-Denis en France, le 15 avril 1789.
Signé Hochereaux, maire ; Chatelle ; Carpentier ; Maillet ; Tresfenscheid ; P. Fournier ; Tinthoin ; Pouet ; Bleure ; Grenu ; Deblesson fils ; Déjobert ; Gillet ; Lorget ; Boucyr ; Porte ; Maillet ; Antoine ; Lebègue ; Villiers ; Prud’homme ; Carron ; Parain ; Legrand ; Berger ; Legobe ; R.-L. Cadot ; Vaudrelan ; Arnoult ; Guilbert ; Chartier ; Boulay ; Edi ; P. Guiard, et Linotte

#1789 #93200

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